Bandeau2

Visite Guidée du Château d'Allègre

 Plan général du domaine du château d'Allègre de 1999

 

Plan général du domaine du château d'Allègre réactualisé après les fouilles archéologiques


 

 

De nombreux renseignements sont issus du livre consacré au château d'Allègre : 

 Le Castrum d'Allègre, un village de Chevaliers

 (Sophie ASPORD,  Jean-Marc de BETHUNE) , Office de tourisme Allègre-les-Fumades, Novembre 2000, 70 p.

(préface de Françoise Robin, professeur à l'Université de l'Art médieval à l'Université Paul Valéry de Montpellier).

(livre disponible à l'Office de Tourisme d'Allègre-les-Fumades, prix 11,50 €)

 

D'autres indications sont le fruit de nos observations et d'hypothèses, d'où l'utilisation du conditionnel. 

 


 

Cette visite guidée du château d'Allègre suivra le plan

 

général du domaine.

 

Vous pouvez toutefois accéder directement à chacun des paragraphes en cliquant sur les liens suivants:

 

Les chemins d'accès

L'enceinte basse et la maison Loubier

La Chapelle et la porte d'entrée fortifiée ou Porche

L'enceinte ouest, la tour Occidentale et le Four

La Maison Laurent-Vincent

La Tour Sud

L'Ensemble Palatial

Bâtiments Sud - Maison Sud-Est

Maison Noble Est

Bâtiments Nord - Tour Nord-Est

Tour Nord - Écurie

 


Les chemins d'accès:

 

Deux chemins permettent d'accéder au château.

 

 

Le chemin  venant de l'ouest  traverse les ruines du village d'Allègre. Ce chemin débute à la Bégude, passe par la garrigue et le Mas d'Allègre avant de grimper au château. Il débouche près de la maison Loubier (au fond, à gauche sur la photographie ci-dessus).

Le chemin de l'est (nommé ancien chemin Royal d'Uzès à Saint-Ambroix) rejoint le parking situé en contrebas du château sur la route en direction de Lussan.

 

 


L'enceinte basse et la maison Loubier:

 

La visite débute au point de rencontre de ces deux chemins, c'est-à-dire  près des vestiges de l'enceinte basse et de la maison Loubier

 

 

 

 

Vestiges de l'enceinte basse ⇑

 Photo prise des "écuries" -  Au fond la garrigue, au centre et à droite l'enceinte extérieure où l'on distingue le chemin Royal entre Uzès et Saint-Ambroix. Elle serait datée du XIVème siècle, construite peut-être lors de la guerre de Cent Ans pour se protéger des routiers qui écumaient les routes de la région. 

A  gauche c'est la maison Loubier. Cette maison est en fait une  ancienne tour datée du XIème siècle. Elle a connu de multiples remaniements et a été occupée jusqu'en 1906 par monsieur Loubier qui était paysan.

Aujourd'hui, c'est la maison de l'association. C'est là que les bénévoles se réunissent tous les premiers samedis de chaque mois. Elle est ouverte à tous et notamment aux randonneurs qui peuvent y faire halte.

 

 Photo prise des "écuries" -   Au premier plan, le mur des "écuries" et l'intérieur du château. Au second plan, la maison Loubier avec juste derrière un petit tronçon de la route actuelle. Au fond la plaine et les Cévennes.

 

 

Photo prise des "écuries"- Pour accéder au château il faut prendre les escaliers situés à côté de la maison Loubier. Cette maison a été l'un des premiers éléments restaurés par les membres de l'association.

 

  

  

 ⇑ Détails de la maison Loubier

Présence d’une très belle fenêtre, qui pouvait servir de meurtrière ou d’archère, afin de protéger le chemin d’accès venant du village. Cette ancienne tour était peut-être une barbacane.  

 


La Chapelle et la porte d'entrée fortifiée ou Porche:

 

 

 

 

 Photo prise des "écuries" - Des escaliers permettent d'atteindre le porche d'entrée qui serait daté du XIV-XVème siècle. Ce porche est accolé à l'ouest à la Chapelle Castrale dont on voit une partie de l'abside le mur extérieur nord.

Un peu plus bas, c'est la maison dite "Laurent Vincent" dont une partie serait  datée du XIIème siècle et une autre du XVII-XVIIIème siècle. C'est la première maison du village d'Allègre. En contrebas on aperçoit les autres maison et le Mas d'Allègre. 

 

 

Photographie en contre-plongée du porche qui permet d'accéder à la cour du château.

 

 

Photographie du porche prise de la cour. En contrebas, la maison Loubier.

 

 Le porche et la chapelle romane (XIème siècle) surmontée par une courtine des XIV-XVème siècles.

L'ensemble est vu de l'intérieur de la cour.La chapelle se situe entre la porte fortifiée à l'est et une enceinte à l'ouest. Sa taille est modeste (8,20mde long x 3,35m de large). Elle est composée d'une nef et d'une abside en cul de four. L'accès se situait côté sud, par une porte sans doute en plein cintre.

 L'origine de la chapelle est inconnue, mais l'étude des maçonneries ferait dater la chapelle du XIème siècle. Il est possible qu'elle ait succédé à un bâtiment en bois.  Raoul Glaber, moine de son état et contemporain de la chapelle écrit dans ses chroniques que le monde se couvrait "d'un blanc manteau d'Eglises". Ce serait le signe d'une période de relative prospérité où de nombreux bâtiments de bois sont remplacés par des bâtiments en pierre.

On peut supposer que la chapelle était le lieu de culte privé des coseigneurs d'Allègre. Cette chapelle n'avait pas qu'une fonction religieuse, elle était aussi le lieu où l'on signait les contrats de mariage, les actes de vente et les transactions.  Ainsi en 1410, Pons de Solier de Navacelle et Etienne Veyrin d'Auzon définirernt les conditions d'un accord au sujet des limites des pâtures de leur bétail (Archive Départemental du Gard 2E 23/1). Elle a aussi joué le rôle de lieu de refuge et d’asile pour ceux qui sont accusés d’un crime, c’est aussi un lieu de sépulture :

Sépulture Sépulture

⇑ Corps trouvés lors des fouilles de 2004 

La chapelle a été englobée dans l'enceinte construite en 1383, sur ordre du représentant du roi et suite aux multiples attaques des Tuchins. Le castrum est ainsi devenu une fortification englobant dans l’enceinte haute la plupart des tours et maison nobles, qui jusqu’à présent étaient indépendantes, afin de renforcer la sécurité du site.

Ce mur du XIVème siècle a été construit directement sur les "Lauzes" du toit (pierres calcaires plates faisant office de tuiles), une rangée de trous permettant l'évacuation des eaux de pluie (juste au dessus de l'amorce de la voute aujourd'hui ruinée). C’est aussi un  lieu de défense avec présence de trous traversant permettant d’utiliser de toutes petites arbalètes.

Plus haut se trouvent deux rangées de "trous de boulins" dans lesquels étaient encastrées des poutres soutenant des "Hourds" en bois (chemin de ronde extérieur).

 

Vue rapprochée du mur extérieur nord de la chapelle montrant l'élévation faite au XIVème siècle directement sur les lauzes du toit, on voit les trous d'évacuation des eaux; on peut aussi remarquer la différence de qualité de l'appareillage du mur du XIème et de celui du XIVème.

 

 

Abside en cul de four de la  chapelle avec une fenêtre axiale à ébrasement intérieur laissant pénétrer la lumière du matin, signe d'espérance.

 

Fenêtre axiale ouverte sur l'est en direction de Jérusalem.

 

 

 

Mur ouest de la chapelle avec une ouverture d'un mètre de haut laissant pénétrer la lumière. Ce mur a conservé les vestiges des trous d'ancrage des poutres de la charpente. Cette charpente soutenait une toiture en lauzes calcaires et protégeait une voûte en berceau:

 

A droite (au nord) on distingue le départ de la voute en berceau. Au dessus a été érigé un mur plus tardif (XIV-XVème siècles).  Au fond (mur ouest) on voit parfaitement le "dessin"  de la toiture à double pente en lauzes calcaires.


L'enceinte ouest, la tour occidentale et le four:

 

 

 

 

Enceinte ouest du castrum, face à la cour, au sud de la chapelle dont on voit sur la droite un pan de mur. Elle est traversée par trois ouvertures qui donnent sur la maison Laurent Vincent, première maison du village en contrebas du château, et qui pouvaient être utilisées comme meurtrières notamment celle de droite qui est orientée sur le chemin d’accès. On voit qu'une partie de l'enceinte est construite en arête de poisson. En  haut, les vestiges des trous d'ancrage peuvent suggérer la présence d'un chemin de ronde en bois amovible.

 

 

Suite de l'enceinte ouest (XIIème siècle) et vestige de la tour occidentale (la plus à gauche) qui serait datée comme la chapelle et la maison Loubier du XIème siècle.

 

 

Vestige du mur de séparation entre l'enceinte ouest à droite et la tour occidentale à gauche. Deux ouvertures, très différentes se situent de part et d'autre d'une porte en plein cintre.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ouverture découverte en 2008                                                         Très belle ouverture de la tour occidentale

  

 

Porte de la Tour occidentale qui donne sur le four et la maison Laurent Vincent.

 

 

⇑ Fenêtre de la Tour Occidentale réouverte en 2008.

 

 

Tour Occidentale: le mur extérieur avant l'ouverture de la fenêtre et la découverte d'une petite ouverture en 2008; sur la droite on aperçoit le four.

La même tour aujourd'hui:

 

 

 

  

Le four, à proximité immédiate de la tour occidentale.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Intérieur du four en brique réfractaire. Il est utilisé parfois lors de la fête du château; il permet aussi quelques fois, comme le 24 Octobre 2004, de ravir les papilles des bénévoles du samedi avec ce superbe cuissot de sanglier.

 


La Maison Laurent-Vincent:

 

 

  

La porte de la tour occidentale permet d'accéder au four, mais aussi à la maison dite " Laurent-Vincent ". C'est la seule maison du village qui soit situé à l'intérieur de l'enceinte extérieure.

 

Cette vue ancienne permet de voir l'étendue du travail accompli par les bénévoles sur la maison Laurent-Vincent et par des chantiers de jeunes pour le four qui était en ruine.

 

 

 

Le plus gros du travail consiste à débroussailler

 

 

 

L'escalier avant et après nos travaux

 

les bénévoles en pleine action

 

 

Cette vue montre le renfort du mur Nord pour contrebalancer le poids de la voute, en arrière plan on distingue le mur Ouest de la Chapelle avec son étroite fenêtre axiale.

 

 


 

La Tour Sud:

 

Bâtie en surplomb de la falaise, la Tour-salle Sud est en partie ruinée; sa façade Sud s'est effondrée et les encadrements de portes et fenêtres ont été pillés:

Une porte en plein cintre orientée à l'Ouest donnait accès à une pièce voutée à l'origine, il n'en subsiste plus que les départs qui permettent d'apprécier la qualité de l'appareillage. Une fenêtre en plein cintre, au dessus de la porte, éclairait la salle à l'étage:

      

 

De la salle adjacente il ne reste que le mur coté Cour Castrale et un pan perpendiculaire à l'Est, elle présente peu de témoins architecturaux et semble avoir été reconstruite puis murée à une date inconnue:

                       

Face Est de la Tour vue de la salle adjacente .           Le pan de mur Est et le mur coté Cour Castrale

C'est sur ce mur reconstruit de façon grossière et présentant un danger d'effondrement que nous portons nos efforts actuellement:

Le mur grossier vu de la Cour Castrale dont le niveau actuel est environ deux mètres au dessus de celui de la salle adjacente, en arrière plan le rocher de San Peyre dont le sommet porte une enceinte gauloise (terrain privé, ne se visite pas) et le Mont Bouquet.

          

La structure du mur sur le coté droit laisse à penser qu'il y avait une porte ou un placard mural, en définitive il s'agit de la porte d'accès à la salle adjacente que nous mettrons en évidence au fur et à mesure du dégagement.

                  

On voit nettement la feuillure contre laquelle venait se fermer la porte et le trou dans lequel coulissait la poutre de blocage.

                          

Une vue depuis la Cour Castrale et après restauration

 

La salle adjacente après dégagement de la porte

 

 

Et dire que dans le temps c'était au bagne que l'on faisait ça !

 

 

L'Ensemble Palatial:

 

Situé sur le versant sud, en bordure de la falaise Sud, cet ensemble, malgré son état de ruine et ses ouvertures béantes, s’impose dans le paysage comme étant l’édifice majeur de la forteresse.

 

L'ensemble majestueux s'avance à l'applomb de la falaise, les différentes étapes de construction et d'aménagement sont bien visibles.

 

Cet ensemble résulte de diverses campagnes d’aménagements échelonnées sur deux siècles.

Il présente différents modes de construction, de mise en œuvre de l’appareillage et une variété des ouvertures qui caractérisent les travaux d’agrandissement et de surélévation au cours du temps.

Les aménagements intérieurs, portes, escaliers, trappes de passage, placards, éviers, dévidoirs, permettent d’établir qu’une quinzaine de pièces constituaient cet ensemble : pièces de vie, salles de garde, locaux de services, espaces de production et de stockage.

Les grandes salles avec les grandes fenêtres accueillaient certainement l’habitat du seigneur dominant. C’est ici que pouvait être données les sentences de justice, que les habitants pouvaient payer leurs impôts en argent (le cens), que le suzerain recevait l’hommage de ces vassaux et que l’on donnait des banquets. 

⇑ Première vision de l'Ensemble Palatial quand on arrive par le Porche principal ⇑

La tour primordiale du site se trouvait ici, peut-être est-ce la tour avec l'arc roman ou bien se trouvait-elle sur l'esplanade au centre car on y trouve des traces de fondations et le vestige de mur à droite comporte les traces d'une porte avec son système de fermeture.

 

 

             

La face interne de la porte romane avec son système de fermeture et l'assommoir au dessus

La barre de fermeture coulissait dans le trou proche de la feuillure pour s'encastrer dans un trou lui faisant face de l'autre coté de la porte, quand la barre était en position de fermeture il était possible de glisser une cale de blocage derrière elle par le second trou que nous voyons sur le photo. Notez la qualité de l'appareillage de la voute.

 

 

      

Les faces Nord et ouest de l'une des tours de l'ensemble  

 

 

Deux vues de l'Ensemble Palatial depuis la courtine Nord

Suite de la visite

Date de dernière mise à jour : 06/04/2023